Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Un Autre Regard...
  • Un Autre Regard...
  • : Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog dans lequel je parle de tout ce qui me passionne, m'interpelle comme ces lectures, documentaires qui m'amènent à porter un regard différent sur notre monde. Bonne visite à tous ! Florinette
  • Contact

Catégories

15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 13:42

 

Nous sommes le 29 février 1879, à Southampton. Un gros bateau à roue, le Danube, s'apprête à appareiller. 

Sur le pont, un jeune officier de 23 ans, ému mais souriant, fait des signes à une femme vêtue de noir qui, sur le quai, pleure doucement.

Un hurlement de sirène, le bruit des pales qui commencent à tourner et le bateau quitte le port.

Rapidement, il gagne le large tandis que, sur le quai, la femme agite maintenant une écharpe blanche que le jeune homme s'efforce d'apercevoir le plus longtemps possible.

Ce sera la dernière vision qu'il aura de sa mère. Ces deux êtres, en effet ne se reverront plus.

Qui sont-ils ?

Lui, ce jeune officier élégant aux yeux bleus, dont les cheveux sont légèrement parfumés à la violette, c’est le prince impérial Louis, fils de Napoléon III.

 

Elle, cette dame en noir, c'est l'impératrice Eugénie, exilée en Angleterre depuis la chute du Second Empire, et veuve depuis six ans. 

Le prince impérial a obtenu du gouvernement britannique, alors en guerre contre les Zoulous, l'autorisation de s'engager dans la Royal Horse Artillery. C'est donc sous l'uniforme anglais que ce Bonaparte, arrière-neveu de Napoléon 1er, va se battre en Afrique du Sud. […]

Le 1er juin, il part en mission dans la brousse avec une dizaine d'hommes. Vers deux heures, le petit groupe s'arrête pour déjeuner. L'endroit est calme et l'on s'attarde. […]

Soudain, une horde de Zoulous, grimaçants et armés de sagaies, surgit des hautes herbes en hurlant et attaque le petit campement. Pris de panique, les Anglais sautent sur leurs chevaux et se sauvent sans tirer un coup de feu.

Le prince Louis reste seul contre les assaillants. Armé de son revolver, il tient tête désespérément pendant quelques minutes. Mais un javelot l'atteint au ventre ; un autre lui crève l'œil droit. Il s'effondre. Les Zoulous s'acharnent alors sur le mourant ; on retrouvera son cadavre transpercé de 17 coups de sagaie...

Le lendemain, une colonie anglaise va chercher le corps du prince impérial et le ramène à Durban où il est placé sur un bateau en partance pour l'Angleterre...

En apprenant la mort de son fils, l'impératrice Eugénie, nous disent les témoins, « poussa un cri horrible, puis s'effondra, comme hébétée ». Pendant des semaines, des mois, son désespoir est effrayant.

Puis, en Avril 1880, elle décide de se rendre en Afrique du Sud pour passer le jour anniversaire de la mort de Louis à l'endroit même où les Zoulous l'on tué. Elle arrive à Pietermaritzburg.

Aussitôt, accompagnée du marquis de Bassano, de quelques officiers anglais, de deux dames de compagnie, d’une escorte de vingt cavaliers et d’un guide zoulou, elle s’enfonce dans la brousse.

- L’endroit doit être facile à trouver, dit-elle en partant, puisqu’on y a élevé un tas de pierres en forme de pyramide. 

Hélas ! depuis un an, la végétation dévorante de la forêt tropicale s’est développée. Pendant plusieurs jours, on tâtonne, on tourne en rond dans un effroyable enchevêtrement d’herbes géantes, de lianes et de plantes hostiles.

Un soir, alors que tout le monde est las et découragé, l’un des Anglais, Sir Evelyn Wood, dit à l’impératrice :

- Je suis désolé, Madame, mais je crois qu’il faut renoncer à poursuivre nos recherches. […]

Eugénie baisse la tête. Elle aussi commence à penser que toutes ces recherches sont inutiles, que la forêt a effacé à jamais l'endroit où son fils a été massacré, que son entreprise est insensée et qu'elle a fait douze mille kilomètres pour rien... Elle rentre sous sa tente et passe la nuit à pleurer.

Au petit matin, tout le groupe commence à faire les préparatifs du départ. Encore quelques sacs à boucler et la petite expédition va reprendre le chemin de Dundee.

C'est alors qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire. L'impératrice Eugénie, qui est prostrée au pied d’un arbre, se relève soudain comme si elle était touchée par une inspiration subite. Les Anglais la regardent. Elle paraît bouleversée :

- C'est par ici ! crie-t-elle.

Et s’emparant d’une hachette, elle s’enfonce dans la forêt suivie de ses compagnons éberlués. Marchant droit devant elle, tranchant des lianes, trébuchant sur des souches et des troncs d’arbres renversés […] elle se dirige sans hésiter vers un point mystérieux. 

Pendant des heures, ne s'arrêtant pas une seconde, comme poussée par une force surnaturelle, cette femme de cinquante-quatre ans, qui n'a aucune habitude des exercices physiques, marche ainsi sans manifester la moindre fatigue.

Tout à coup, ses compagnons l'entendent pousser un cri de triomphe : 

- C’est ici !

Incrédules, ils s’approchent et voient qu’effectivement Eugénie a trouvé, à demi caché dans les broussailles, le tas de pierres amoncelées en forme de pyramide. L'impératrice est tombée à genou et pleure. 

Quand elle se relève, Sir Evelyn Wood vient près d’elle :

- Comment avez-vous pu deviner, madame, que ces pierres se trouvaient là ?

Eugénie explique alors qu'au moment où, désespérée, elle allait suivre ses compagnons et rentrer à Dundee, elle a soudain senti un extraordinaire parfum de violette.

- Ce parfum, dit-elle, m'entourait, m'assaillait même avec une telle violence que j'ai cru défaillir. Or, vous l'ignorez sans doute, mon fils avait une véritable passion pour ce parfum. Il en usait à profusion pour ses soins de toilette. Alors, il m'a semblé que c'était un signe. Et j'ai suivi aveuglément cette senteur sans douter un instant qu'elle me mènerait à l'endroit où Louis était tombé... Et vous voyez, j'ai eu raison. C'était bien un signe...

Les Anglais la considèrent avec stupéfaction.

- Maintenant, ajoute Eugénie, soyez gentils. Laissez-moi seule...

Sir Evelyn Wood et ses compagnons se retirent à une centaine de mètres et établissent un campement, tandis que l'impératrice demeure toute la nuit seule, à genoux et en pleurs, auprès de la pyramide de pierre devant laquelle elle a allumé des bougies en guise de cierges.

Or, au petit matin, il se passe un fait étrange : bien qu'il n'y ait pas le moindre souffle de vent, l'impératrice voit tout à coup la flamme des bougies se coucher comme si quelqu'un voulait les éteindre. Très émue, elle demande :

- Est-ce toi qui es là ?... Tu veux que je me retire ?...

Alors, les flammes s'éteignent brusquement.

Et Eugénie s'en va en tremblant rejoindre ses compagnons.

 

Sources :

Partager cet article

18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 10:21

 

Savinien Cyrano est un écrivain français né à Paris le 6 mars 1619 et mort à Sannois le 28 juillet 1655 à l’âge de trente-six ans, victime de la chute d’une poutre de bois.

Il est célèbre pour ses deux romans qui constituent "L’Autre Monde" : "Les États et Empires de la Lune" et "Les États et Empires du Soleil", mais aussi pour ses "Mazarinades" ou pour sa pièce "Le Pédant joué", dont s’inspirera Molière dans Les Fourberies de Scapin. 

Sans oublier que Savinien Cyrano, dit Cyrano de Bergerac, est évidemment l’un des très rares auteurs qui a été connu grâce à son personnage de fiction : "Cyrano de Bergerac" du poète Edmond Rostand.

Dans son ouvrage "L’Autre Monde" Savinien de Cyrano fait le récit d'un double voyage dans l'espace vers "Les États et Empires de la Lune et vers Les États et Empires du Soleil"

Il est en cela le roman du monde tel que la nouvelle science et l'astronomie naissante permettent de l'imaginer, infini et habité, et où la Terre n'est qu'une planète parmi les autres. 

Mais malgré l'ingéniosité des machines-à-voler et la forte présence de la science, ce n'est pas un roman de science-fiction. Le voyageur doit là-haut affronter des peuples et des sociétés, dont les vérités chahutent les certitudes de l'humanité terrestre et chrétienne. 

 

Le voyage dans l'espace devient voyage dans le temps, chacun des personnages rencontrés incarnant successivement un des discours qui se sont tenus sur l'origine et sur "la nature des choses"...

Dans ce livre incroyable, Cyrano de Bergerac imagine donc des voyages dans l’espace, des mondes inconnus et des discussions avec des extraterrestres au sujet des mœurs terriennes et, lors de ces entretiens, il découvre des objets qu’il décrit en ces termes : 

Arrivé là-haut, il rencontre un démon sélénite qui lui montre un jour, deux boules de feu si brillantes que chacun s’étonna comment ne se brûlait-il point ? Le démon répond, « j’ai fixé la lumière et je l’ai enfermée dans des boules transparentes…» (Ampoules électriques ?!)

Il continue, il découvre des choses, des objets et on lui donne une boîte étrange :

« A l’ouverture de la boîte, je trouvais dedans je ne sais quoi de métal plein, de je ne sais quels petits ressorts et de machines imperceptibles. C’est un livre à la vérité, mais c’est un livre miraculeux qui n’a ni feuillet ni caractère. Enfin c’est un livre où pour apprendre les yeux sont inutiles, on a besoin que des oreilles... (Livre audio ?!)

Et ce n'est pas fini :

« Quand quelqu’un donc souhaite lire, il bande cette grande quantité de toutes sortes de petits nerfs de cette machine, puis il tourne l’aiguille sur le chapitre qu’il désire écouter et, au même temps, il en sort comme de la bouche d’un homme tous les sons distincts et différents qui servent entre les grands lunaires à l’expression du langage. » (Poste de radio ?!)

Comme l’exprime Jacques Pradel dans l’émission "Prophète mode d'emploi" dans Les Aventuriers de l’Inconnu sur RTL (32:19) «  ce livre stupéfie encore les lecteurs » et il y a de quoi, vu que cet ouvrage a été rédigé au 17ème siècle…

 

Partager cet article

26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 18:28

Au coeur de la campagne anglaise se trouve une chaise ancienne qui, d’après les locaux, aurait un pouvoir maléfique… Voici l’histoire de la chaise maudite de Thomas Busby qui s’est déroulée au 18ème siècle dans la petite ville de Thirsk, dans le Yorkshire du Nord en Angleterre.

Un jour, en rentrant dans l’auberge qu’il tient avec sa femme, Thomas Busby, un homme coléreux et alcoolique, découvre son beau-père Daniel Awety assis tranquillement dans son fauteuil préféré. Une terrible colère le submerge, et les deux hommes se disputent violemment.

Devant la menace de son beau-père de reprendre sa fille Elizabeth pour la ramener chez lui à Donatty Hall le visage de Thomas s’assombrit. Plus tard, dans la soirée, il se rue chez son beau-père et dans un accès de furie lui défonce sauvagement le crâne à coups de marteau et dissimule le corps dans la forêt, non loin du domicile de la victime.

Elizabeth, n’ayant pas de nouvelle de son père, s’inquiète et décide de prévenir le shérif. Ce dernier entame des recherches et découvre sans mal le cadavre d’Awety dans les bois.

Devant les assises, Thomas Busby avoue son crime et est condamné à la peine de mort par pendaison. Avant de mourir, comme ultime faveur, il demande à boire une dernière bière dans son auberge.

Pour déguster son breuvage, il s'assoit fièrement dans son beau fauteuil en chêne massif, sur lequel son beau-père avait commis l’erreur de s’y installer. Puis, pris d'une colère avant de partir vers la mort, il pointe la chaise du doigt en criant : « Qu’une mort subite foudroie quiconque osera s’asseoir sur ma chaise ! »

Depuis la pendaison de Thomas Busby en 1702, on rapporte des apparitions et des bruits étranges. De plus, de peur que la malédiction ne se réalise, durant plusieurs décennies, personne n’osera s'asseoir dans ce fameux fauteuil toujours en place dans l’auberge qui porte le nom de Busby Stoop Inn.

Il faut attendre la visite d’un ramoneur, en 1894, venu boire un verre avec son camarade. Voyant la chaise libre, le ramoneur s’assoit sans hésitation devant l’assistance médusée et terrifiée. Malgré les avertissements, il déclare s’y sentir parfaitement bien. Il sera retrouvé le lendemain matin pendu à un portail, non loin du lieu où a été pendu Thomas Busby. L’enquête conclut à un suicide…

Le temps passe, c’est durant la Seconde Guerre mondiale que la chaise refait parler d’elle. En face de l’auberge, où se trouve un aérodrome qui sert de base à quatre escadrons de la Royal Canadian Air Force, de jeunes aviateurs, qui ont l’habitude de prendre un verre à la taverne, s’amusent à relever le défi. Hélas, tous ceux qui participèrent à ce jeu macabre ne rentreront chez eux.

En 1967, deux pilotes de la Royal Air Force décident à leur tour de tenter le sort. Un peu plus tard, leur voiture heurtera un arbre et les deux hommes y perdront la vie.

Un an après, en 1968, Tony Earnshaw, un homme pragmatique qui n’était pas du genre à se laisser impressionner par toutes ces fadaises, rachète la vieille auberge. Mais voilà, plusieurs incidents vont l’obliger à revoir son jugement.

Un jour de 1970, un homme, ne voyant là que de vieilles superstitions, décide de s’asseoir sur la chaise maudite et meurt d’une crise cardiaque au cours de la nuit suivante.  

Peu de temps après, l’un des jeunes ouvriers, d’un groupe de couvreurs qui s’étaient arrêtés à l’auberge à l’heure du déjeuner, choisit de s’asseoir dans Le Fauteuil de la Mort. Mais l’après-midi même, lorsqu’il retourne sur le chantier, le maléfice de Busby frappe de nouveau, le jeune garçon passe au travers d’un toit et s’écrase sur le béton.

À une autre occasion, alors qu’elle passait la serpillière, une femme de ménage glisse et tombe malencontreusement sur la chaise : elle décédera peu de temps après d’une tumeur au cerveau.

Après sa mort, par précaution, Tony Earnshaw, le propriétaire de l’auberge, décide finalement de mettre la chaise à la cave pour plus de sûreté.

En 1978, le livreur d’une brasserie, venu ravitailler l’auberge, descend à la cave pour y entreposer la marchandise et, malgré les avertissements du tenancier, s’assoit dans le fauteuil pour s’y reposer un instant. Quelques heures plus tard, son véhicule quittera la route et le jeune livreur sera tué sur le coup.

C’en est trop pour Tony Earnshaw ! Ne voulant plus prendre de risque, il décide d’offrir la chaise maudite au musée de la ville de Thirsk.

Le conservateur, pour éviter tout risque inutile, prend le soin de s’assurer que plus personne ne pourra s’asseoir dessus en la suspendant à deux mètres du sol.

Depuis cette sage décision, l’auberge, qui est depuis tenue par des restaurateurs indiens, est redevenue un endroit tranquille et la chaise maudite de Busby, quant à elle, continue d’attirer chaque année de nombreux visiteurs, attendant le jour où un imprudent s’aventurera à la décrocher pour s’asseoir dessus…

 

Pour aller plus loin :

L'émission Les Enquêtes Impossibles revient sur cette étrange histoire avec le témoignage d'un ancien propriétaire de l'auberge, d'un policier à la retraite et du conservateur du musée...

Partager cet article

17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 18:34

Dans la soirée du 4 octobre 1930, malgré une pluie cinglante et de violentes rafales de vent, le plus grand dirigeable britannique jamais construit décolle d’Angleterre pour effectuer son vol inaugural vers les Indes. 

Le 5 octobre 1930, vers les 2 heures du matin, le dirigeable R101, qui devait être la plus grande fierté de l’aéronautique anglaise, s'écrase et s'enflamme sur la France, plus exactement près de la commune d’Allonne, au sud de Beauvais, dans l’Oise. Sur les 54 personnes présentes à bord, 46 périrent dans l'accident, dont le ministre anglais des Transports aériens, Lord Thomson.

Cet accident fera perdre aux Anglais la foi dans l’avenir de ce mode de transport. Il sera également l’occasion de très curieuses manifestations paranormales.

Le public apprendra la nouvelle par les journaux du matin : «  Quarante-six morts dans la catastrophe du R101 »  titrent-ils.

Une commission d'enquête est organisée, mais les témoignages font défaut, car, sur les 8 survivants 2 sont décédés des suites de leurs blessures, et les 6 autres travaillaient dans les coursives latérales et n’ont rien vu. On conclut donc à une soudaine perte de gaz.

Deux jours après l’explosion du R101, un témoignage peu ordinaire va cependant perturber cette affaire et dont la commission d'enquête a négligé : c’est celui du lieutenant Carmichael Irwin, lui-même décédé à son poste au cours de la catastrophe.

C’est lors d’une séance de spiritisme publique et sténographiée organisée par Harry Price avec la célèbre médium Eileen J. Garrett que ce témoignage a pu être recueilli.

Miss Eileen Garrett transmet au ministère de l’Air britannique un rapport technique extrêmement précis et détaillé sur les causes de l’accident.

Les experts qui prennent connaissance de ce rapport, n’en croient pas leurs yeux : l’abondance des détails techniques est telle, la relation des diverses phases de la catastrophe si précise, que seul un spécialiste de ce type d’appareil aurait pu les donner.

Le témoignage du lieutenant est troublant et accusateur : (extrait) « La masse totale du dirigeable était bien trop grande pour la capacité des moteurs. Les moteurs étaient bien trop lourds [...] Force ascensionnelle totale mal calculée... Système extravagant de carbone et d'hydrogène complètement stupide... Essais bien trop courts... Mauvais temps pour un long vol. L'eau stagne dessus. On penche vers l'avant. Impossible de se redresser. Impossible de s'élever...Beaucoup trop lourd....Tout était beaucoup trop lourd pour les moteurs....»

Il ne sera pas le seul à parler. D'autres personnes décédées lors de la catastrophe viendront aussi raconter les défaillances techniques. Ces témoignages auront naturellement des partisans et des contradicteurs.

Pourtant, l’enquête qui sera menée durant des mois par des experts anglais et français va démontrer que l’accident était prévisible, presque inéluctable. Il y a bien ces défauts de conception des ballons de gaz, que l’on savait poreux, et cette enveloppe extérieure gorgée d’eau par la pluie torrentielle comme l’indique le lieutenant Irwin à la médium. Et ce n’est pas tout…

Ce vol d’essai a effectivement bien été raccourci de 72 heures à 16 heures, quelques jours plus tôt, pour permettre les derniers préparatifs. Ces problèmes de surcharge, réglés dans la hâte, mais aggravés par les aménagements luxueux et lourds installés sur 2 étages pour les invités de marque.

Pour vous donner une idée, comme le précise l’historien Laurent Wattebled dans la vidéo "La Brève histoire du dirigeable R101", le dirigeable pouvait contenir en largeur 3 cathédrales de Beauvais côte à côte…

Même un fumoir à l’étage inférieur muni de briquet électrique a été installé malgré la présence, d’hydrogène hautement inflammable…

Tout, ou presque, prédestinait le R-101 à une fin tragique, mais le tapage médiatique et politique autour de ce vol inaugural était tel, plusieurs mois avant, qu’il n’était plus question de le reporter, sous peine de perdre la face...

Les graves défauts de finition du R101, soigneusement camouflés au public, auraient pu passer inaperçus sans les indications supplémentaires données par la médium qui aideront l’enquête.

Le destin tragique de dirigeable marquera la mémoire picarde, et laissera sa trace dans un champ en bordure de Beauvais.

Cet accident dramatique marquera la fin de l’aventure britannique dans cette histoire technique des aéronefs.

À Allone, la commune picarde offre au Royaume-Uni la parcelle de terrain sur laquelle s’est écrasé le dirigeable. Une stèle marque le lieu du drame.

Un monument est également érigé en bordure de la Nationale 1, au carrefour d’Allonne, à quelque 600 mètres de là.

 

Sources :

 

Partager cet article

4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 14:46


Un soir du mois d'avril 1645, deux jeunes gens, de vingt-cinq à trente ans, conversent dans un somptueux appartement de la rue Saint-Antoine, à Paris. L'un, le propriétaire des lieux, s'appelle Louis de Prat, marquis de Précy ; l'autre, Charles-Pompée d'Angennes, marquis de Pisani (1)

Les deux amis, qui doivent bientôt partir pour la guerre et rejoindre dans les Flandres les régiments du prince de Condé, s'entretiennent de la mort et de la survie de l'âme.

— Penses-tu que l'âme reste attachée à l'endroit où le corps est enterré ? demande Précy. Cela m'ennuierait de hanter un champ de bataille pour l'éternité.

— Je ne crois pas aux revenants, dit le marquis de Pisani, il me semble plutôt que l'âme entre dans un autre monde totalement différent du nôtre et oublie tout de notre existence…

Précy est songeur.

— Moi, je pense au contraire, dit-il, que les morts nous entourent, qu'ils sont là, tout près, mais que nous ne savons ni leur parler ni les entendre…

Les deux amis demeurent silencieux.

— Mais y a-t-il un enfer, un paradis et un purgatoire ? demande Précy. Sommes-nous récompensés pour nos mérites ? Punis pour nos fautes ? Bref, la qualité de notre vie terrestre conditionne-t-elle notre vie dans l'autre monde ?…

— Comment répondre à cela ?

— Il faudrait pouvoir communiquer avec les morts…

— Écoute, dit Pisani, j'ai une idée. Nous allons tous les deux partir pour la guerre. Peut-être y serons-nous tués. Je te propose ceci : le premier de nous deux qui mourra viendra donner à l'autre, par n'importe quel moyen, des renseignements sur l'au-delà.

— Une réponse à nos questions de ce soir, en somme ?

— Exactement !

— Eh bien, d'accord…

Et ils se serrent la main en guise d'engagement.

Deux mois passent et, vers la fin de juin, les deux amis reçoivent l'ordre d'aller rejoindre leur régiment. Hélas ! le marquis de Précy est, pour lors, cloué au lit par une fièvre maligne et le marquis de Pisani doit prendre seul la route des Flandres.

Un mois plus tard, le 4 août, vers six heures du matin, Précy, qui est toujours malade, dort dans sa chambre, tourné vers la ruelle, quand il est réveillé en sursaut. On vient de tirer les rideaux de son lit.


Il se retourne, pensant qu'un valet lui apporte une tasse de lait et un biscuit, et voit à son chevet le marquis de Pisani superbe, en buffle et en bottes.

Fou de joie, il se lève et veut lui sauter au cou. Mais Pisani recule encore de quelques pas.

— Non, Louis, tu ne peux plus m'embrasser.

— Mais pourquoi ?

— Parce que je suis mort. Je viens simplement te voir comme je te l'ai promis. Souviens-toi de notre pacte. J'ai été tué hier à Nordlingen, en Bavière… Les troupes de M. de Gramont venaient de s'engager dans la bataille contre M. de Mercy qui commandait les armées des Impériaux. Tout de suite, la mêlée a été épouvantable. Et je suis tombé à six heures, devant le village d'Allerheim…

— Tu es stupide ! dit Précy, en riant.

Et, de nouveau, il veut se précipiter pour embrasser son ami ; mais ses bras se referment sur le vide. Le personnage qui est devant lui n'a aucune consistance. Il demeure hébété.

— Tu vois bien, dit Pisani. Tiens, regarde l'endroit où j'ai été frappé.

Et il montre, à la hauteur des reins, une déchirure dans son habit. Une déchirure entourée de sang séché.

— Je suis bien mort, Louis. Et je viens te dire, en réponse à nos questions, que tout est vrai : l'au-delà est peuplé d'âmes. Certaines sont près de nous. Mais il y a des choses que je ne peux t'expliquer. Sache toutefois que tu dois songer à vivre d'une manière moins frivole… Dépêche-toi, Louis, tu n'as pas de temps à perdre, car tu seras tué dans la première bataille à laquelle tu participeras…

Et il disparaît.

Le marquis de Précy, bouleversé, appelle aussitôt son valet de chambre et réveille toute la maison par ses cris. On accourt. Il raconte alors ce qu'il vient de voir et d'entendre.

— Il était là, dit-il, en uniforme, avec ses bottes, et il m'a montré la trace du coup qui l'a tué. Il est mort hier, en Bavière, au cours d'une bataille terrible.

— En Bavière ? dit quelqu'un. Voilà qui est étonnant. N'était-il pas parti pour les Flandres ? Allons, allons, mon cher Louis, recouchez-vous, votre fièvre vous donne des visions…

Précy a beau insister, donner des détails et jurer qu'il est sûr de son fait, personne ne veut le croire.

Les semaines passent...

Et un matin, des nouvelles arrivent de l'armée. On apprend que, Turenne s'étant trouvé en difficulté devant les Impériaux, Condé a été chargé de lui porter secours, que les régiments qui se trouvaient dans les Flandres sont allés se battre en Bavière et que, au cours d'un terrible combat à Nordlingen, le marquis de Pisani a été tué le 3 août, à six heures du soir, d'un coup de mousquet dans les reins, devant le village d'Allerheim.

Ces nouvelles, qui ne pouvaient absolument pas être connues de Précy au lendemain de la bataille de Nordlingen, stupéfient ses amis.

Mais il y a toujours des gens qui veulent donner des explications rassurantes aux phénomènes qui les dépassent. Aussi voit-on certaines personnes prétendre avec autorité que le jeune marquis a transformé en vision un simple pressentiment produit par l'amitié qui le lie à Pisani.

D'autres disent, avec la même assurance :

— Il a rêvé ! On a souvent vu des songes prémonitoires contenant des détails d'une grande précision… Tout cela n'a rien de surnaturel…

Précy, lui, est convaincu qu'il n'a pas rêvé et que sa vision n'est pas un simple pressentiment. Aussi, pour être sûr de ne point mourir dans une bataille, comme le fantôme de son ami le lui a prédit, décide-t-il prudemment, une fois guéri, de ne pas rejoindre l'armée de M. de Condé.

Et pendant des années, on le vit fuir comme la peste tout ce qui touchait, de près ou de loin, à l'état militaire.

Puis la Fronde éclata, qui divisa la France. Précy, considérant que ce soulèvement n'était pas une vraie guerre, accepta de commander les gendarmes de Mazarin.

Le 2 juillet 1652, au matin, il était dans le faubourg Saint-Antoine, luttant contre les régiments de Condé, quand la Grande Mademoiselle, grimpée sur la Bastille, fit tirer sur les troupes royales.


Le soir, on retrouva le corps de Précy gisant au milieu d'un monceau de cadavres.

C'était la première bataille à laquelle le jeune marquis participait…

 

(1) Le marquis de Pisani était le fils de la marquise de Rambouillet.

 

Sources :

 

 

Partager cet article

@ Pour m'écrire

EnveloppeMail.png

Recherche