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  • : Un Autre Regard...
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  • : Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog dans lequel je parle de tout ce qui me passionne, m'interpelle comme ces lectures, documentaires qui m'amènent à porter un regard différent sur notre monde. Bonne visite à tous ! Florinette
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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 11:09

Voici une histoire troublante d’incorporation (ou de possession) qui reste à ce jour inexpliquée… Extrait :

Nous sommes le 11 novembre 1918, à Calais. Depuis onze heures du matin, moment extraordinaire où toutes les cloches de la ville se sont mises à carillonner pour annoncer la fin de la guerre, une foule surexcitée parcourt les rues en agitant des drapeaux et en chantant La Marseillaise, La Madelon ou Tipperary. On pleure, on rit, on s’embrasse, on boit à la victoire. Des bals s’improvisent au coin des rues…

http://calais-pendant-la-guerre-14-18.e-monsite.com

Dans cette foule en folie, il y a deux êtres qui ne se connaissent pas encore mais que le destin va brusquement mettre face à face et qui sont appelés à vivre la plus extraordinaire, la plus stupéfiante des aventures …

Lui, s’appelle Michel Davel. Il a vingt ans, il est simple matelot. Elle s’appelle Rose-Mary Adrian. Elle est blonde, ravissante et elle a dix-sept ans. Elle vit chez ses parents dans une grande maison entourée d’un parc, à la sortie de Calais. Son père est anglais, sa mère est française. Elle parle couramment leurs deux langues.

Si Michel est seul dans la foule, Rose-Mary, elle, est accompagnée de trois cousines de quatre à cinq ans ses aînées. Toutes les quatre ont piqué sur leurs manteaux ou sur leurs bérets des cocardes tricolores et de minuscules drapeaux britanniques. Bras dessus, bras dessous, elles s’approchent d’un petit bal improvisé où des couples dansent…

C’est là que Michel, qui regarde les danseurs, remarque tout à coup Rose-Mary. Il est fasciné par tant de charme et comme aujourd’hui tout est permis, il s’approche et prend le bras de la jeune fille.

– Vous venez danser ?

Elle tourne la tête, amusée. Il est marin, joli garçon, c’est la Victoire: elle le suit sans se faire prier, toute fière d’avoir été choisie. Or, dès qu’ils commencent à danser, ils se sentent envahis, submergés par une émotion qu’ils n’ont encore jamais connue…

Quand la musique s’arrête, le matelot ramène Rose-Mary vers ses cousines; mais il ne la quitte pas. Il a d’ailleurs décidé de ne plus jamais la quitter.

– Monsieur reste avec nous ? demande une des jeunes filles.

– Oui ! répond simplement Rose-Mary.

Tout le groupe replonge dans la foule. Les trois cousines devant, Rose-Mary et Michel derrière, main dans la main, savourant un plaisir étrange qui leur tourne un peu la tête … Ils se revoient le lendemain, le surlendemain, tous les jours. Et un soir, Rose-Mary annonce à ses parents qu’elle veut se marier.

M. Adrian prend des renseignements sur Michel et apprend que le jeune homme n’a « ni fortune ni espérance »… Alors, il s’oppose de façon catégorique au mariage.

– De plus, ajoute-t-il, je t’interdis absolument de revoir ce garçon !

Rose-Mary est effondrée. Elle sanglote, elle ne veut plus vivre. Elle tombe malade. Au bout de quelques semaines, M. Adrian a une idée :

– Pour t’aider à guérir, dit-il, nous allons quitter la France. Nous irons vivre en Australie. Là-bas, tu te feras de nouvelles relations et tu finiras par oublier… Crois-moi, je te tiens le langage de la sagesse. Les mésalliances n’ont jamais fait de ménage heureux !

Un mois plus tard, la famille Adrian quitte Calais et va s’installer à Perth, en Australie.

Et les années passent. Mais Rose-Mary reste fidèle à Michel. Elle repousse toutes les demandes en mariage, tous les amoureux, tous les soupirants. Et Dieu sait qu’il y en a autour de cette fille intelligente, belle et fortunée.

Au début de 1935, elle a trente-quatre ans quand ses parents meurent, victimes d’une épidémie. Elle quitte alors Perth et va habiter Melbourne.

Et c’est là qu’un matin, dans une rue, elle se trouve soudain face à face avec un homme qui s’arrête et qui crie :

– Rose-Marie !

Le son de cette voix qu’elle aurait pu reconnaître entre mille la fait presque défaillir. Elle murmure:

– Michel !…

Pourtant, elle a du mal à reconnaître les traits du petit matelot de 1918. En dix-sept ans, il a changé. Il lui semble plus grand ; son visage même est différent : la mâchoire est plus large et les yeux d’un bleu plus foncé qu’autrefois… Mais il parle et elle retrouve son accent du nord de la France, ses expressions, son rire.

Il l’entraîne dans un café et, pendant une heure, il évoque des souvenirs. Les images qu’il ressuscite la touchent au plus profond d’elle-même, car il se souvient de tout jusqu'au moindre petit détail y compris ce qu’il lui a dit en la raccompagnant le soir jusqu’à la maison de ses parents… Il n’a rien oublié !

– Que fais-tu ici, Michel ?

– Je suis docker dans le port de Melbourne depuis l’année dernière… Je parle si mal anglais que je n’ai pu trouver mieux…

– Quand es-tu venu en Australie ?

– Ma réponse va t’étonner : je ne sais pas. J’ai eu un accident le 12 août dernier. On m’a relevé sur le bord de la route avec une fracture du crâne et conduit à l’hôpital. Quand je me suis réveillé, il y avait une grande zone d’ombre dans ma mémoire… et toi ?

Rose-Mary raconte sa vie avec ses parents...

Le mois suivant, ils se marièrent. Rose-Mary fit entrer Michel (malgré son mauvais anglais) dans une entreprise dirigée par un ami de son père, et ils furent heureux, d’un bonheur de conte de fées, pendant treize ans…

Mais un soir de 1948, Michel, qui s’était absenté pendant deux jours, rentre chez lui avec un air tellement bouleversé que sa femme se précipite :

– Que se passe-t-il ?

Michel reste un long moment silencieux. Puis il parle. Et Rose-Mary le regarde ahurie, stupéfaite, car il parle dans un anglais impeccable. Et voici ce qu’il dit :

– Rose-Mary… je viens de découvrir une chose effroyable… Je ne suis pas Michel…

– Quoi ?

– Non… La mémoire m’est revenue, je ne suis pas français… je suis anglais… Je m’appelle George Littlon. Je vivais à Adélaïde quand j’ai eu mon accident, et j’ai déjà une femme légitime qui est toujours vivante…

– Ce n’est pas vrai ?

– Si… La mémoire m’est revenue subitement il y a trois jours, et j’ai fait une enquête. Ma femme vit toujours à Adélaïde, je l’ai vue hier et elle m’a reconnu tout de suite.

– Mais ce n’est pas possible !

– Écoute-moi : en 1934, le 12 août, j’ai fait une chute, je me suis ouvert le crâne, j’ai perdu la mémoire et l’on m’a transporté à l’hôpital. Alors, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais en me réveillant, je parlais français. J’ai dit que je m’appelais Michel Davel. Comme je n’avais pas de papiers sur moi, le personnel administratif m’a pris pour un marin français en rupture de bord et les autorités australiennes m’ont donné une carte de séjour et une carte de travail. Puis je t’ai rencontrée et, pendant treize ans, je n’ai eu aucun doute. J’avais curieusement dans ma mémoire tous les souvenirs d’un autre… de celui que tu as aimé autrefois.

Rose-Mary pense devenir folle. Comment croire cette histoire alors que son mari lui a rappelé, tout au long de ces treize ans de vie commune, mille détails de leur adolescence, mille faits qu’eux seuls connaissaient ?

S’imaginant que son mari invente cette histoire extravagante pour la quitter, elle se rend à la police. Mais elle ne tarde pas à apprendre que tout est vrai.
Alors brisée, elle retourne en Angleterre et elle charge des amis français de faire des recherches pour savoir ce qu’est devenu Michel Davel, le vrai.

Un matin, elle reçoit la réponse. Une réponse qui la terrifie : Michel est mort accidentellement le 12 août 1934, c’est-à-dire le jour même où l’autre, en Australie, s’était ouvert le crâne…

Après avoir appris que le vrai Michel état mort exactement à la même date, Rose-Mary a été tellement troublée qu’elle a décidé de consacrer le reste de sa vie à enquêter sur les mystères de la mort et écrits de nombreux livres sur ce sujet.

Elle a même fondé une société de recherche métapsychique. Pendant des années, leur premier sujet d’étude fut le cas Davel. Rose-Mary et certains membres de cette société ont été de farouches enquêteurs !

 

Sources : Histoires magiques de l’histoire de France, Guy Breton & Louis Pauwels, Tome 1, page 731 à 738, Éditions France Loisirs, 2000.

 

Pour aller plus loin :

Vous pouvez retrouver l’histoire dans sa totalité et le compte rendu en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

 

 

C'était impossible... et pourtant ! Pierre Bellemare & Grégory Frank, page 9 à 29, Éditions Flammarion, 2014.

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commentaires

Plumes d Anges 15/11/2018 10:18

Il me semble que le nombre 13 est ambivalent, 13 années ont été nécessaires à l'évolution des âmes, formidable et douloureux à la fois, quelle histoire ! Lumineuse journée chère Florinette. brigitte

Florinette 15/11/2018 16:32

Oui c'est vrai, j'étais tellement plongée dans l'histoire que je n'ai pas fait attention à ce chiffre alors qu'il peut avoir une signification... Merci Brigitte et lumineuse journée à toi aussi, je t'embrasse.

Jerome Choisnet 14/11/2018 10:12

Merci Florinette pour cette histoire vraiment captivante !
Quel plaisir de lire votre article !!

Histoire inexpliquée ? Je pense qu'une explication peut facilement venir à l'esprit dans un premier temps.
Michel meurt accidentellement un jour d'août 1934, le 12 du mois. Son âme, dont la connaissance s’affranchit du temps et de l’espace, sait où se trouve la femme bien-aimée. L’âme de Michel voit ce qui se passe partout, notamment à proximité de la femme adorée, donc elle repère immédiatement la chute de George Littlon, et décide de prendre le contrôle du corps de ce dernier, afin de retrouver sa Rose-Mary chérie. Michel se trouve dès lors auprès de sa bien-aimée, dans un nouveau corps certes, mais qu’importe, puisque Rose-Mary l’accepte. Mais un jour, l’âme de Michel, pour une raison que l’on ignore, décide de mettre fin à cette aventure usurpatoire de treize années, et quitte le corps de George Littlon, et l’âme de celui-ci, qui était restée comme endormie pendant toute cette période, se réveille alors et reprend ses droits…
Mais l’explication est-elle aussi limpide ? Les notions de possession et d’incorporation sont, me semble-t-il, plus complexes qu’il n’y paraît.
Un chercheur en parle fort bien dans l'un de ses ouvrages : Laurent Guyénot. Il questionne d'ailleurs en profondeur la réincarnation, loin d'être aussi simple et aussi systématique qu'on se plaît à le croire...
Jérôme

Florinette 14/11/2018 18:55

Je suis bien d’accord avec ce chercheur, la notion de réincarnation est bien plus complexe que cela. Ian Stevenson l’a également très bien analysée dans son ouvrage « Réincarnation et biologie ».

Pour en revenir à cette histoire, on pourrait effectivement l’expliquer ainsi, puisque le corps de Georges a été momentanément disponible suite à son accident qui a causé une très longue perte de connaissance… Mais je pense que ce n’est pas si facile que cela, car sinon il y aurait beaucoup de comateux qui auraient vécu ce genre d’expérience. On m’a parlé aussi de transfert d’âmes plus communément appelé « walk-in » qui serait une sorte de consentement entre deux âmes… Je pense que cette histoire pose beaucoup plus de questions qu’elle n’amène de réponses et c’est cela qui laisse la part belle au mystère ! :-)

Merci Jérôme et belle soirée !

daniel 12/11/2018 15:24

J'adore ce genre d'histoire !

Florinette 14/11/2018 18:23

Moi aussi, surtout quand il y a eu une enquête sérieuse derrière et que le mystère reste entier ! ;-)

Alex-Mot-à-Mots 12/11/2018 11:29

Bonne semaine à toi.
Bises

Florinette 14/11/2018 18:21

Merci Alex, bisous

Aifelle 12/11/2018 06:37

Hallucinant ! Et George/Michel il est retourné auprès de sa première femme ?

Florinette 14/11/2018 18:21

Une fois que George a retrouvé la mémoire, il est reparti rejoindre sa femme et ses enfants et de son côté Rose-Mary a quitté l’Australie pour l’Angleterre afin de continuer ses recherches et y fonder sa société.

Durgalola 11/11/2018 15:50

Histoire troublante comme si George avait rendu service á Michel. Lui permettre de donner du bonheur à Rose Mary. Bises

Florinette 14/11/2018 18:13

On pourrait le penser également comme un accord entre eux, pourtant George était marié... Une histoire bien mystérieuse.
Bisous et belle fin de journée Durgalola !

Sandrine 11/11/2018 08:31

Quelle histoire étrange! 13 années d'incorporation, le temps de vivre cet amour que son destin terrestre lui avait refusé... et une fois accompli, de partir serein? poursuivre au-delà son évolution. Quelle histoire!

Florinette 14/11/2018 18:09

Effectivement peut-être était-ce le temps imparti qui lui restait à faire sur Terre auprès de Rose-Mary pour vivre pleinement son histoire d’amour…

hannah 10/11/2018 22:17

Magnifiquement troublant. la Vie est extraordinaire! et...la Mort aussi!

Florinette 14/11/2018 17:48

Tout à fait, merci Hannah pour votre commentaire !

kimcat 10/11/2018 13:18

Quelle histoire !!! Je ne la connaissais et c'est une découverte qui m'enchante !
Bisous ma chère Florinette

Florinette 10/11/2018 14:03

J'aime beaucoup cette histoire !
Ce qui est amusant, c'est que je ne savais pas quoi publier, car je suis pas mal en retard dans mes lectures et sans comprendre pourquoi j'ai été attirée par cette histoire que j'avais gardée dans un dossier et en voyant la date à laquelle elle s'est déroulée, je me suis dit que c'était le moment ! :-)
Bisous ma Béa et beau week-end !

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