20 février 2007
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Éditions Picquier poche, 2002, 347 pages.
Traduit de l’anglais par Marie-Odile Probst
Tilo est la maîtresse dans l’art ancestral des épices au sens où certains compagnons artisans sont maîtres d’œuvres. Elle a reçu ce don, le jour de son initiation par le feu par la « Première Mère » sur une île secrète de sa terre natale, l’Inde, au prix de l’obéissance, et dans le plus grand respect des règles qui comportent des interdits stricts. Tilo ne doit pas quitter sa boutique, elle doit rester chaste, ne doit pas toucher le corps de l’autre pour ne pas mêler les énergies ni prendre le risque de se laisser submerger par les émotions…Mais comment respecter dans cette Amérique tous les nobles préceptes de la tradition ?
Tilo ne bonimente pas comme une vulgaire diseuse de bonnes aventures, elle devine le passé et prévoit le future comme un véritable chaman, cherche l’épice particulière qui convient à chacun et à chaque situation. Elle fait chanter l’épice, appelle la guérison, elle est l’intermédiaire entre les hommes et les entités supérieures pour aider les plus faibles. Néanmoins, chaque personne est différente, c’est ainsi que dans ce quartier d’immigrés d’Oakland en Californie, elle se penche humblement, secrètement sur les malheurs de ses clients. Elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l’épice-racine, clef intime qui restaure l’équilibre du corps et de l’âme. Mais Tilo, curieuse et gourmande de tout, au cœur rebelle et généreux, va peu à peu transgresser les interdits, dont celui de l’amour, elle va faire l’expérience de ces faiblesses humaines au risque de remettre en cause ses pouvoirs.
Dans une écriture pleine de sagesse, d’odeurs et de saveurs, Chitra Banerjee Divakaruni nous transporte dans la culture spirituelle indienne, dans le maniement des épices et leurs pouvoirs qui dévoilent, sous cette apparence de conte, des femmes qui se battent pour affirmer leur droit à l’individualité, des histoires qui s’entremêlent dans un quartier où l’indifférence prône.
Voir l'avis de Barbabella et Hilde qui ont savouré ces épices.
Publié par Florinette
19 février 2007
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Publié par Florinette
18 février 2007
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Éditions l’Olivier, 367 pages, 2006.
Traduit de l’anglais (Irlande) par Michèle Albaret-Maatsch.
Nina, actrice, âgée d’une cinquantaine d’année est de retour dans la maison de son enfance en Irlande, mais cette pauvre femme vient de se faire assassiner par le jardinier Georges, son ami d’enfance, qui l’a sauvagement massacrée avec une paire de cisaille avant de l’enterrer, ou plutôt de la jeter dans le tombeau excrémentiel qui est la fosse septique de la maison. Devenue fantôme, Nina voit tout, c’est le privilège de son état. N’étant nulle part, elle est partout à la fois et assiste à l’existence qui continue sans elle, au déroulement de l’enquête et revient sur son passé pour essayer de comprendre pourquoi elle en est arrivée là.
Petite fille, elle est chouchoutée par son père, un homme d’affaire anglais devenu riche. Ses parents, soucieux de voir leur fille d’une dizaine d’année, à l’imagination débordante, parler avec grande conviction à une amie imaginaire, décident de la confier à une gouvernante qui aura la tâche de la sevrer du monde abstrait pour la ramener au monde réel. Mais cette dernière s’avère peu fiable préférant la Guinness à l’éducation de la jeune demoiselle. Ne sachant plus quoi faire ses parents la laissent jouer avec les deux enfants d’une famille de pêcheurs vivant de l’autre côté de la rivière. Une amitié sincère va naître entre Janie, Georges et Nina, ils sont inséparables. Georges, à l’esprit simplet, tombe amoureux fou de Nina. Ce sentiment qui le hante complètement va s’amplifier, voir s’affoler avec l’arrivée de Gregory, fils jusque-là caché du père de Nina.
Dans ce trio devenu quatuor, la Première Guerre mondiale va venir interrompre leur adolescence, leur rêverie, en les séparant. Cette version moderne des Hauts de Hurlevent est un roman envoûtant qui ne se lâche pas facilement. Sous cette plume de cinéaste, Neil Jordan entraîne le lecteur dans une intrigue romanesque et théâtrale à la façon d’un film avec son flash-back, ses arrêts sur image…Une belle réussite !
Citation en exergue :
« Chères ombres maintenant vous savez tout. » W.B. YEATS (1865-1939)
Publié par Florinette
16 février 2007
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Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille,
Par mes soupirs laissez vous enflammer,
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Ne craignez rien : dans l'amoureux empire,
Le mal n'est pas si grand que l'on le fait,
Et, lorsqu'on aime et que le coeur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.
Le mal d'aimer, c'est de le vouloir taire,
Pour l'éviter, parlez en ma faveur.
Amour le veut, n'en faites point mystère,
Mais vous tremblez et ce dieu vous fait peur !
Peut-on souffrir une plus douce peine ?
Peut-on souffrir une plus douce loy ?
Qu'estant des coeurs la douce souveraine,
Dessus le vostre, Amour agisse en roy.
Rendez-vous donc, ô divine Amarante,
Soumettez-vous aux volontez d'Amour,
Aimez pendant que vous estes charmante,
Car le temps passe et n'a point de retour.
Publié par Florinette
14 février 2007
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Éditions Actes Sud, 2002, 387 pages.
(Existe en version Poche)
Traduction de l'américain par Christine Le Boeuf
Quatrième de couverture :
David Zimmer a perdu sa femme et ses fils dans un accident d'avion. Anéanti devant la télévision, il sombre dans le désespoir, lorsque son attention est soudain retenue par un acteur du cinéma muet, un certain Hector Mann, disparu depuis 1929.
Pour la première fois depuis des mois, David est sous le charme ; le virtuose du septième art parvient à le faire rire et, pour cette simple raison, pour ce petit miracle, David décide de se lancer dans l'écriture de la filmographie du personnage. Le livre publié, il s'invente une autre raison de vivre : il entreprend la traduction des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, l'ampleur de la tâche lui permettant d'oublier son pitoyable quotidien.
Loin de tout, rien ni personne ne peut l'atteindre, jusqu'au soir où une inconnue débarque chez lui et, sous la menace, lui impose un très long voyage. Elle a pour mission de l'amener le plus rapidement possible au chevet d'Hector Mann ; l'acteur, en train de mourir, appellerait David pour lui léguer un étrange héritage. Malgré l'improbabilité de cette histoire, David ne résiste pas davantage et se laisse entraîner...
Racontée par la jeune femme, retrouvée par David et à nouveau perdue, l'histoire de l'extraordinaire et mystérieux Hector Mann est le fil conducteur de ce roman. Mais la puissance narrative de Paul Auster nous transporte bien au-delà de la magie du cinéma muet et porte ce livre au cour d'un univers envoûtant où la création artistique semble faire écho aux sentiments amoureux dans ce qu'ils ont de plus éphémère et de plus fragile, où la douleur de la perte et le besoin de filiation se répondent pour remettre en question l'idée même de mémoire.
Paul Auster dans cette histoire confronte avec habileté la vie et la mort, l'illusion et le réel. Une réflexion éblouissante sur l'art et l'angoisse identitaire.
C'est un roman que je vous conseille pour bien démarrer dans l'univers de l'auteur et pour en savoir d'avantage sur ce livre venez retrouver "les plus" de l'Austerblog.
L'avis d'Essel & Papillon
Publié par Florinette