6 avril 2007
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Traduit de l’anglais par Agnès Michaux.
Sarah a dix ans lorsque le 16 juillet 1942 elle et son petit frère Michel sont brutalement tirés du sommeil par des martèlements violents contre la porte d’entrée. C’est la police française, le début de l’enfer, il faut faire vite, préparer ses affaires à la hâte. Dans cette panique, Sarah ne pense qu’à une seule chose, protéger son petit frère en l’enfermant dans le placard secret de leur chambre avec la promesse de revenir le chercher quand tout ceci sera fini. Mais l’horreur continue, Sarah et ses parents se retrouvent enfermés au vélodrome d’hiver, parqués comme des bêtes, pires que des bêtes, puisque sous une chaleur insoutenable, dans des conditions effroyables, ils sont, depuis plusieurs jours, sans eau et sans nourriture avant d’être déportés dans le camp de transit de Beaune-la-Rolande où les enfants seront sauvagement arrachés à leurs parents.
60 ans plus tard, Julia, journaliste américaine, installée en France depuis vingt ans, est chargée par son hebdomadaire américain de couvrir la soixantième commémoration du Vel’ d’Hiv’ où plus de 4000 enfants juifs, âgés pour la plupart de 2 à 12 ans, et leurs parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Embarrassée par cette demande, elle se rend compte qu’elle ne sait absolument rien de cet évènement et qu’elle n’est pas la seule à être dans l’ignorance. Ses recherches s’avèrent difficiles, c’est un sujet tabou, un secret bien enfoui que personne n’a voulu déterrer.
Plongée dans les archives, au fur et à mesure de son enquête, elle est effondrée par ce qu’elle découvre : le zèle odieux de la police française qui a orchestré cette rafle, le sort de ses familles dont la plupart des enfants étaient nés en France, la maltraitance dans les camps de Beaune-la-Rolande et Drancy… Étrangement, sur ce douloureux chemin de la mémoire, les deux histoires vont se rejoindre, Julia remarque qu’il existe un lien entre le destin de la petite Sarah et sa belle-famille, elle veut donc tout savoir, arracher le masque sur cette face cachée. En ouvrant la boîte de Pandore, elle va réveiller ce lourd et douloureux passé qui ressurgit entre les murs de l’appartement des grands parents de son mari, rue de Saintonge dans le marais, qui était celui de Sarah et où Julia va bientôt emménager.
Ce merveilleux roman à deux voies qui alterne entre les deux époques, est poignant, plusieurs passages sont déchirants, et en même temps il y a cette note d’espoir qui vient mettre un peu de soleil sur les dernières pages. J’ai dû attendre un peu avant de pouvoir en parler, car même une fois refermé l’émotion était toujours présente. C’est un magnifique livre à lire sans hésiter !
Tatiana de Rosnay maîtrise tellement bien son sujet que j’ai voulu en savoir plus sur la rafle du Vél’ d’Hiv’ en consultant Internet, envie de faire comme Julia, retourner sur les pas de ces 13 152 juifs arrêtés dans Paris et sa banlieue, pour que cette époque, la plus sombre de notre histoire, ne retombe dans l’oubli. Je termine cet article en hommage à ces hommes et ces femmes, sans oublier les enfants, en reprenant ces mots hébreux Zakhor, Al Tichkah. Souvenez-vous, N’oubliez jamais.

Le monument commémoratif de la rafle du Vel' d'Hiv'. Paris 15ème
Publié par Florinette
4 avril 2007
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Si vous croyez que je vais dire
Qui j'ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.
Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l'adore et qu'elle est blonde
Comme les blés.
Je fais ce que sa fantaisie
Veut m'ordonner,
Et je puis, s'il lui faut ma vie,
La lui donner.
Du mal qu'une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J'en porte l'âme déchirée
Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die
Qui j'ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
Sans la nommer.
Publié par Florinette
4 avril 2007
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Ce n’est pas dans mes habitudes d’ouvrir mon cœur de peur de déranger, de peser sur les autres, mais aujourd’hui, après toutes ces années de silence, j’en ai envie.
Cela fait onze ans que mon petit frère nous a quittés, onze ans, mon dieu, j’ai l’impression que c’était hier, je me souviens dans ses moindres détails de notre dernière journée du 02 avril que nous avons passée ensemble. Dans ma tête, j’entends encore résonner son merveilleux rire sur une blague de notre père et pourtant, ce jour-là, son cancer l’épuisait plus que les fois précédentes.
Nous étions assis dans le jardin admirant les oiseaux qui venaient picorer sur la pelouse, Francky aimait tellement les regarder. Puis il a tourné la tête vers moi, a souri et s’est mis à chanter « un petit oiseau, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre quand on est là-haut » sur ces dernières paroles, tout en me fixant de son doux regard, il a tendu le doigt vers le ciel. Je ne sais pas, si dans l’instant, je compris le message, mais pour la première fois j’ai pensé que je risquais de le perdre. Franck, dans son for intérieur, le savait certainement. Il est décédé deux jours plus tard.
Cette chanson est pour lui, pour toi Francky.
De l'encre sur les doigts
Ou quelques larmes perdues
Les pages défilent mais
Sans toi je ne sais plus...
Mes mots partis avec toi
Vers un monde inconnu
Cherchent ta voix...
En silence
Mes rêves incertains
Paradis lointains
De tes croyances...
Une dernière mélodie
Ma désillusion
Et j'écris
Ces quelques mots
En ton nom...
Sur le mur une aquarelle
Aux couleurs de ton cœur
Le mien se noiera tous les ans
À la même heure...
J'irai par tous les chemins
Cueillir tes souvenirs
Fleurs de demain...
Ton absence
Mes nuits sans sommeil
Brouillard des merveilles
De mon enfance...
Lune confidente
Elle veille sur moi
Quand je chante
Ces quelques mots
En ton nom
Je parle aux anges
En ton nom
En vers étranges
En ton nom
Ma voix se perd
En ton nom
Comme une prière
Mes nuages
Dans ma nostalgie
La mélancolie de ces pages
Blanches comme l'avenir
Je voulais dire ces quelques mots
En ton nom
Je parle aux anges
En ton nom
En vers étranges
En ton nom
Ma voix se perd
En ton nom
Comme une prière
Publié par Florinette
1 avril 2007
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Il n’y a pas qu’à Paris où l’on peut faire d’agréable rencontre, mais également en province, plus précisément à Bordeaux à
« L'Escale du Livre » où je me suis rendue ce week-end.
Tous les genres étaient à l’honneur : la littérature, les beaux livres, la gastronomie et sa dégustation de vin, la bande dessinée, le livre jeunesse…« L'Escale du livre » proposait également des rendez-vous thématiques avec plusieurs écrivains débattant sur divers sujets.
J’ai assisté à une rencontre qui avait pour thème « Écrivains : mode d’emploi » réunissant


Philippe Ségur avec son roman
« Écrivains en 10 leçons » et Georges Flipo « Le vertige des auteurs » voir mon article ICI. Tous les deux ont évoqué le parcours semé d’embûche de leur personnage de roman à la recherche de la notoriété, tout en nous dévoilant, avec beaucoup de dérision, leurs anecdotes personnelles et je peux vous dire que j’ai bien rigolé.
En sortant, j’ai eu la joie de rencontrer Geneviève Brisac avec qui j’ai pu échanger quelques mots en lui demandant de me dédicacer son dernier roman « 52 ou la seconde vie » que je lirai très prochainement.
Même si ce salon était beaucoup plus petit que celui de Paris (ou hélas je n’ai pu me rendre) je suis ressortie de là le sourire jusqu’aux oreilles et les poches pleines de livres ! (voir ci-dessous).

Publié par Florinette
30 mars 2007
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Éditions Robert Laffont, 2006, 171 pages.
C’est un roman noir à vous glacer le sang, à vous révolter contre Simon, le protagoniste de cette histoire morbide, qui vous entraîne tout au long de ces cent soixante et onze pages dans sa fuite. Pourquoi il fuit me diriez-vous ? Parce qu’il vient de commettre l’irréparable, lui, cet homme qui se complait dans le mensonge pour se montrer irréprochable à la face du monde.
Pourtant, Simon a tout pour être heureux ; un métier dans lequel il excelle, une belle jeune femme, une petite fille de quatre ans adorable. La seule ombre au tableau, c’est sa fille aînée Hélène née d’un premier mariage raté qu’il juge trop grosse et préfère ignorer et malgré les apparences ce n’est pas avec elle qu’il a décidé d’en finir, ce n’est pas elle qu’il transporte dans son errance, au volant d’une Porsche volée quelques heures plus tôt à l’un de ses amis, mais le corps sans vie de sa toute petite fille de quatre ans parce qu’il est incapable de gérer ses émotions et a compris trop tard ce qu’était d’aimer.
« La véritable histoire de mon père » est un livre dérangeant, dur, violent, à la plume talentueuse, précise et tranchante, qui fait que j’ai poursuivi ma lecture sans pour cela me sentir attachée à l’histoire, j’avais plutôt hâte d’en finir, de quitter cette atmosphère lugubre et froide.
L’avis de tous celles et ceux qui ont participé, comme moi, à la petite expérience de marketing éditorial de Nicola Cauchy. (dans l'ordre chronologique) :
Clarabel (bien avant l'opération marketing), Laure, Tamara, Holly, Majanissa, Lily, Anne, Laurence, Sandra, Sophie, Thom, Livrovore & Lhisbei
Je vous invite à lire également l’interview de l’auteur chez Livrovore. Voir également le blog ainsi que le site de Nicolas Cauchy.
Publié par Florinette