23 mars 2007
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Éditions Actes-Sud/Babel, 236 pages, 2006.
Traduit de l’américain par Christine Le Bœuf. Quatrième de couverture :
« Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr reprend goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne pas retrouver l'inspiration.
Un matin, il découvre une nouvelle papeterie au charme irrésistible. Il entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, dans un état second, Sidney commence à écrire dans ce carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire, ni que le réel lui réserve les plus dangereuses surprises... »
La nuit de l’oracle a été ma deuxième tentative après « Le livre des illusions ». J’ai été, une fois de plus, subjuguée par le style de l’auteur, il sait à chaque page forger de belles phrases qui m’ont laissée sans voix. Ses mots m’ont touchée, il a cette faculté de pouvoir exprimer ce que l’on ressent. J’ai relu certains passages et je n’ai pas résisté à les recopier pour mieux m’en imprégner, les digérer, comme si le livre avait lu en moi. Ce livre est tout bonnement magique, éblouissant, comme la couverture !
Extrait :
« Il se rend compte que le monde n’est pas, comme il le croyait, un lieu raisonnable et ordonné, qu’il a tout faux depuis le début et n’y a jamais rien compris. Le monde est régi par le hasard. Des évènements fortuits nous guettent à chaque jour de nos vies, et ces vies peuvent nous être ôtées à tout moment, sans la moindre raison. »
Citation :
« Nous savons parfois les choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous ne savons pas que nous savons. » Paul AUSTER - La nuit de l’oracle.
Pour en savoir plus sur ce livre fascinant, rendez-vous sur l'Austerblog ! À tout de suite !
L'avis d'Allie et du Biblioblog
Publié par Florinette
23 mars 2007
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J'traînais les pieds, des casseroles
J'n'aimais pas beaucoup l'école
J'traînais les pieds, mes guiboles abîmées
J'explorais mon quartier
J'traînais des pieds dans mon café
Les vieux à la belotte braillaient
Papi, mamie, tonton André et toutes ces pépées
A mes p'tits soins, à m'pouponner
Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous
La fumée du boeuf bourguignon
Toute la famille tête dans l'guidon
Du temps où ont pouvaient faire les cons
Les pensionnaires, les habitués, les gens d'passage surtout l'été
Joyeux bordel dans mon café
Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
balayée la terrasse, envolé le bout d'chou
envolées les miettes de nous
Je traîne les pieds, j'traîne mes casseroles
J'n'aime toujours pas l'école
Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous
Publié par Florinette
21 mars 2007
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Éditions Bourgeois, 2006, 203 pages.
Traduit de l’anglais par Mona de Pracontal.
Le livre débute par la lettre d’Ellen Foster, alors âgée de quinze ans, qu’elle adresse au président de l’université de Harvard, car l’une de ses devises est
« qu’il ne faut jamais revoir à la baisse ce qu’on pense, ce qu’on ressent ou ce qu’on fait » elle décide donc de postuler dans cette université dans le dessein d’étudier l’anglais et la médecine afin de rejoindre le domaine de recherche sur l'épidémiologie. Ellen Foster est une jeune fille extrêmement brillante dotée d’un QI supérieur à la moyenne.
Après un passé lourd de conséquences : A neuf ans, sa mère meurt de tristesse, quelque temps après, elle fuit sa maison à cause de l’alcoolisme de son père pour se retrouver ballottée entre une tante qui ne veut pas d’elle, un professeur de dessin et une grand-mère qui dépérit. Cette mésaventure prend fin, le jour de Noël, dans un foyer de filles tenu par Laura. Et c’est grâce à l’amour et à l’attention que lui porte sa « nouvelle maman », qu’Ellen semble apaisée et commence à s’épanouir.
Dans ce récit, elle raconte son quotidien, ses amis, son parcours scolaire et la souffrance qu’elle endure à cause de la traîtrise de sa tante, cette manipulatrice ignoble et immorale qui lui a volé les affaires de sa mère. Heureusement que Laura, sa tutrice et curatrice, va essayer de tout faire pour l’aider à récupérer cet héritage détourné.
Kaye Gibbons, qui a été orpheline à l’âge de neuf ans, est restée profondément marquée par cette expérience et c’est à travers le personnage d’Ellen qu’elle exprime cette souffrance. Dans ce second roman, cette jeune fille très attachante refait son apparition (le premier étant « Ellen Foster »). Même si elle lutte encore une fois contre les démons du passé, elle en revient plus forte et c’est dans une belle leçon de courage, de ténacité, ponctué d’humour qu’elle pose un regard sur la vie qui l’entoure.
Ce roman se termine avec dans les dernières pages un très bel hommage à sa mère dont voici un extrait.
Extrait :
« Laura me donnait de l’amour, mais l’esprit de ma mère était la lumière dont j’avais besoin pour me guider jusqu’à elle, et elle a pu cesser de peiner pour m’atteindre. Nous nous sommes reposées du donner et du prendre et sommes restées tranquilles ensemble, nous disant l’une à l’autre que nous pouvions faire cela quelles que soient les perturbations, nous activer et le faire bien. Sachant avec certitude que je pourrais être plus que ce que ma mère avait fait, plus que le moment où elle était morte – je suis ce qu’elle était avant et ce qu’elle est maintenant, présente avec moi dans le fardeau de son amour que je suis comblée de porter, superbe à mon cœur et plus léger que le souffle. »
Publié par Florinette
19 mars 2007
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Publié par Florinette
18 mars 2007
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Éditions Belfond, 2006, 619 pages.
Traduit du japonais par Corinne Atlan.
Prix Kafka 2006.
Quatrième de couverture :
« Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d’esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d’autres choses encore…Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité. »
J’étais hésitante à lire ce genre de livre pensant qu’il y aurait trop de fantastique à mon goût et puis pas du tout. C’est un roman étrange, voir atypique par son côté onirique et spirituel avec il est vrai une petite dose de fantastique. Mais ce roman hypnotique met en scène des personnages à la recherche du temps perdu, ils ont tous quelque chose à accomplir et il en ressort une très belle quête spirituelle. Haruki Murakami est un magicien des mots à l’imagination stupéfiante, il jongle avec une grâce infinie entre le réel et l’imaginaire. C’est un livre magique dont on en sort éblouie et chamboulé à la fois.
Extraits :
« Chaque fois que je saisis un volume et l’ouvre, il s’échappe d’entre les pages un parfum du temps passé. Les connaissances profondes, les émotions intenses qui reposent derrière ces couvertures ont une odeur particulière. Je la respire, parcours quelques pages des yeux, puis remets le livre à sa place. »
« C’est ce qui fait le sel des histoires : les retournements de situation, les développements inattendus. Il n’y a qu’une sorte de bonheur, mais le malheur prend mille formes différentes. »
Citation :
« Les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans les vies antérieures. » Haruki MURAKAMI - Kafka sur le rivage.
Le site sur Haruki Murakami
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Sibylline, Agapanthe, Clochette & Essel
Publié par Florinette