28 septembre 2006
4
28
/09
/septembre
/2006
08:18

Éditions Autrement, 2006, 60 pages.
Ce petit recueil de cinq nouvelles détaillant le rapport entre les êtres, la difficulté d’aimer et d’être aimé, est d’une écriture sensible et élégante. Kressmann Taylor peint le portrait de ces gens ordinaires qui vivent à un moment de leur vie une situation unique, forte en émotion.
Cinq personnages, un homme et quatre femmes dont Harriet qui se retrouve, au fond d'un rêve, entourée de flamme où les flashs de son passé se consument emportant avec elles son mari, réveillant ainsi la douleur de l’absence, la souffrance de la trahison et de la solitude.
Anna, jeune fille rêveuse, ressent pour la première fois ce sentiment étrange qu’est l’amour envahir sa tête et son corps, fait battre son cœur pour un jeune homme arrogant qui la laisse dans l’incompréhension face à son indifférence.
Une jeune fille compatissante qui aide sa voisine, une vieille dame âgée et geignarde, à porter ces paquets jusqu’à chez elle où celle-ci, avide de compagnie, en profite pour la retenir en lui montrant ses anciennes confections.
Ellie Pearl revient pour les vacances dans le village de son enfance pour rendre visite à sa famille laissant derrière elle les trépidations de la ville, succombant aux charmes de sa campagne natale et à son amie d’enfance.
Et la dernière histoire est pour cet homme de cinquante ans, Rupe Gittle, respecté par les villageois, jusqu’au jour où il succombe au charme, à la beauté d’une jeune femme chez qui la lumière de la vie lui est apparue…
Ce fut, hélàs, les dernières nouvelles de l’auteur. Kressmann Taylor
a l’art de mettre en scène ses personnages de manière si réaliste que toutes situations semblent vécues.
Citation :
« Il est évidemment bien dure de ne plus être aimé quand on aime, mais cela n’est pas comparable à l’être encore quand on n’aime plus. » Georges COURTELINE (Georges Moinaux dit), (1860-1929)
Publié par Florinette
19 septembre 2006
2
19
/09
/septembre
/2006
18:21

Éditions Le Dilettante, 2005, 154 pages Ce recueil, composé de huit nouvelles parues entre 1911 (Nonsense Novels) et 1920 (Winsome Winnie and Other New Nonsense Novels), est d'une loufoquerie bienvenue. Comme le dit Groucho Marx « Stephen Leacock est un des types les plus drôles que je connaisse. Une fois qu'on a commencé à le lire, on ne peut plus s'arrêter. » C'est exactement ce qui m'est arrivé. Le rire nous prend à la première page pour nous lâcher à la dernière. On se délecte de cet humour absurde, décalé en parcourant ces bonnes vieilles histoires aux chutes finales totalement saugrenues.
Stephen Leacock n'hésite pas à s'adresser au lecteur en lui demandant son avis, lui proposant des devinettes, ou même jusqu'à le traiter d'ordure et de crétin, mais on ne s'en offusque pas, ce petit livre drôle, un tantinet cynique, nous fait passer un pur moment de rigolade. Lecteur sérieux s'abstenir.
L'avis de Clarabel
Citation :
« On peut dire tout ce qu'on voudra sur la vieillesse. Ça vaut mieux que d'être mort. » Stephen LEACOCK (1869-1944)
Publié par Florinette
17 septembre 2006
7
17
/09
/septembre
/2006
15:26
Éditions Albin Michel, 2006, 651 pages
Prix Maison de la Presse - 2006
Deux sœurs, la quarantaine, deux existences différentes. L’une à tout pour plaire, elle s’appelle Iris, elle est belle et mariée à un riche homme d’affaires et mène une vie de bourgeoise dépensière dans un quartier huppé. En apparence, elle a tout pour être heureuse, mais elle s’ennuie ferme et rêve de donner un sens à sa vie.
L’autre, Joséphine, délaissée par son mari, vit avec ses deux filles en banlieue parisienne. C’est une historienne passionnée par l’époque moyenâgeuse, qui se bat pour gérer au mieux les difficultés financière qui l’assaillent. Elle n’a pas le temps de s’occuper d’elle et manque d’assurance, de confiance et subit à longueur de temps les remontrances de sa fille aînée, adolescente insubordonnée.
C’est au cours d’un dîner que le destin de ses deux sœurs va basculer. Iris fait la connaissance d’un célèbre éditeur et, pour se donner de l’importance, prétend qu’elle écrit un livre qui aura pour sujet le moyen âge. Très intéressé par cette idée, l’éditeur attend ses premières pages.
Empêtrée dans son mensonge, et pour ne pas paraître ridicule, Iris qui a toujours eu une certaine autorité sur sa sœur, persuade cette dernière d’écrire à sa place en lui promettant de garder ce lourd secret : Iris signera, Joséphine empochera.
Mais ce qu’elles n’avaient pas prévu c’est que le livre devient un best-seller…

Un vrai coup de coeur pour ce roman. Je me suis plongée dans ce livre avec délectation. Les personnages sont attachants, ils s’aiment, se déchirent. On est pris dans le tourbillon de cette saga. On dévore ce gros livre de 650 pages et on en redemande !
Extraits :
« Si tu n'as pas la foi, c'est par dépit parce que le monde n'est pas fait comme tu le voudrais. Mais c'est comme l'amour, il faut être courageux pour aimer. Donner, donner, ne pas penser, ne pas compter. Avec Dieu, il faut se dire "je crois" et tout devient alors parfait, logique, tout a un sens, tous s'explique. »
« L'avare se repaît de son or, le débauché se repaît de chair, l'orgueilleux se bouffit de vanité, mais l'ambitieux qui n'a pas réussi, de quoi se nourrit-il si ce n'est de lui-même ? Il se ronge, il se détruit lentement, rien ne peut apaiser sa soif de briller, de réussir. Il est prêt à se vendre ou à s'emparer de l'âme et du talent des autres pour se hisser jusqu'au succès. Pour qu'enfin on l'applaudisse.»
Citation :
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas qu’elle sont difficiles. » SÉNÈQUE (vers 4 - 65 ap. J.C.)
Site officiel de Katherine Pancol
Publié par Florinette
12 septembre 2006
2
12
/09
/septembre
/2006
16:32
Éditions Gallimard, 2005, 96 pages.
Prix du Premier Album au festival d'Angoulême - 2006
L'histoire d'Aya commence avec une préface d'Anna Gavalda, et puis nous voici projeté dans une Côte d'Ivoire des années 70 où l'on ne parle pas de famine, ni de guerre, loin de l'époque du sida, simplement de l'Afrique une Afrique fleurissante où Aya nous présente sa famille, ses amies qui font les habitants de Yopougon, quartier d'Abidjan.
Aya est une « gazelle » sérieuse de 19 ans qui pense plus à ses études qu'à courir les garçons comme ses copines Adjoua et Bintou qui, après avoir échappé à la vigilance des parents, se retrouvent le soir pour « gazer » au bar « ça va chauffer » dans l'espoir de rencontrer un « géniot ».
Aya a d'autres ambitions ; elle veut continuer ses études pour devenir médecin afin d'échapper à la série des trois « c » : coiffure, couture et chasse au mari, ce qui n'est pas du goût de son père...
On ne s'ennuie pas dans cette rafraîchissante BD, on rit beaucoup et en plus elle nous offre en prime le petit lexique ivoirien pour mieux comprendre le parler des personnages, le porté du pagne, le roulement du « tassaba », la recette du Gnamankoudji (pour ses vertus aphrodisiaques) et le secret de la délicieuse sauce arachide (pour faire rentrer et garder le mari à la maison).
Pour lire la suite c'est ICI

Publié par Florinette
11 septembre 2006
1
11
/09
/septembre
/2006
15:42

Éditions Pocket, 2004, 222 pages.
Traduit de l'anglais par Odile Demange.
Ce livre que je vous présente, en vous livrant la quatrième de couverture, est un roman qui m’a touché par ses mots simples et pleins de bon sens. Je l’ai lu à sa sortie en poche et je garde encore, dans un coin de ma tête, certaines réflexions de cet enfant sage qui a la faculté d’ouvrir les cœurs avec de simples mots qui nous font réfléchir sur notre comportement dans cette société de consommation où toutes nos valeurs essentielles de la vie disparaissent.
Ses ancêtres ont vécu pendant un siècle dans une vallée coupée du monde, où se mêlaient des Écossais émigrés et des Indiens Cheyennes. Mais un accident a détruit cette communauté de rêve, dont Petite Plume est le seul survivant. Quant il découvre l’Amérique des prédicateurs et des hamburgers, Petite Plume à dix ans, des cheveux noirs rebelles, un étrange accent gaélique et porte des tenues à la mode d’il y a cent ans. Il n’a jamais mangé de tablettes de chocolat, ignore la télévision et le téléphone, mais il cite La République de Platon et la Bible.
Pour certains, Petite Plume est une créature du diable ; pour les autres, un nouveau messie. Surtout, Petite Plume sait ouvrir le cœur des hommes en délivrant une sagesse sans sermon……Son sourire persiste en nous.
C’est une belle réussite pour son premier roman. Un beau conte philosophique plein de générosité et d’humour.
Extraits :
« C’est parce que j’écoute le monde. J’écoute les arbres, le vent, le ciel, et puis le ruisseau et le silence. C’est très important d’écouter le silence, parce que ce n’est que dans le silence qu’on peut trouver la vérité et comprendre ce que le monde nous dit. Les mots ne sont qu’un bruit de fond. Si on veut vraiment écouter, il faut le faire avec ses yeux et avec son cœur, pas avec ses oreilles. Les oreilles sont utiles pour chasser, elles ne servent à rien parmi les hommes. »
« Pour parler clairement et sans équivoque, la plupart des êtres humains ont perdu la faculté de percevoir, il faut de l’imagination, ce septième sens que nous possédions jadis, mais qui s’est probablement atrophié au fil de l’évolution. Tous les jours des miracles nous sautent au visage, ils se bousculent et dansent autour de nous, ils frappent des mains à nos oreilles, nous appellent, mais nous ne les voyons pas. Nous préférons le noir et blanc à l’univers coloré de la vie. »
Citation :
« Un sage se distingue des autres hommes, non par moins de folie, mais par plus de raison.» Alain (Émile Chartier dit), (1868-1951)
Publié par Florinette