9 novembre 2006
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Éditions Gaïa, octobre 2006, 202 pages.
Grand Prix de l'association des lauréats Zellidja en juin 2003.
Bref été au Spitzberg est un magnifique carnet de voyage orné de croquis, de photos (voir ci-dessous) où Aurélie raconte son escapade pour se rendre dans le Grand Nord, dans l’archipel du Svalbard.
C’est grâce à la Fondation Zellidja (qui aide financièrement les jeunes gens à partir à condition qu’ils le fassent seuls et qu’à leur retour ils présentent un rapport d’étude sur le voyage) qu’Aurélie endosse son sac à dos pour sept semaines (voyage compris) de découverte au nord-est de la Groenland.
C’est en bus qu’elle décide de quitter Paris, le 11 juillet 2002, pour mieux sentir son cheminement vers le nord. Le stop devient son deuxième moyen de locomotion pour traverser la Norvège, dépliant sa tente dans les campings ou en pleine nature. Après 26 heures de bus, 45 heures de voiture et pour finir l’avion, la voilà arrivée à bon port face à l’immensité arctique, les yeux écarquillés sur les lumières chatoyantes qui se dessinent autour d’elle. Aurélie est prête à faire son plein de connaissance, à étudier la vie de ces Norvégiens venus se retirer à Longyearbyen, et à affronter sa peur sur le territoire Russe où la désolation l’émeut.
Mais elle se rend vite compte que Longyearbyen n’est pas une destination de rêve et que l’ennuie fait partie du quotidien.
C’est un récit passionnant, instructif, plein de charme et de sincérité que nous offre Aurélie Corbineau avec la faveur des éditons Gaïa qui ont été séduites par ce carnet de voyage reçu par la poste et qui l’ont publié pour notre plus grand plaisir !
L'avis de Cuné Aurélie Corbineau a plusieurs cordes à son arc, en plus du fait qu'elle sait merveilleusement dessiner, elle est fresquiste-mozaïste et a réalisé une fresque pour Matignon. Si cela vous dit, vous pouvez la contempler en visitant son site. (Voir biographie)

Publié par Florinette
7 novembre 2006
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Éditions de l’Olivier, août 2006, 307 pages.
Myriam, la quarantaine, décide sur un coup de tête d’ouvrir un petit restaurant qu’elle baptise, en toute simplicité, «Chez moi ». Pourquoi ce nom ? car c’est plus qu’un restaurant, c’est chez elle, elle y vit, y dort aussi, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un autre loyer.
Pour faire plaisir à ses clients, elle s’y investit sans retenue afin de leur préparer de bons petits plats. Elle aime le contact, prend le temps d’écouter les personnes qui franchissent le pas de sa porte et qui ont à cœur de faire quelque chose pour l’aider. Après un début un peu chaotique, tout le monde se bouscule dans ce restaurant, on y croise un fleuriste amoureux, deux jeunes étudiantes, et des habitants du quartier. Mais derrière tout ce joli décor se cache en réalité une sombre histoire. Myriam cache un secret inavouable, ce restaurant n’est en fait qu’un exutoire, une réconciliation avec elle-même pour conjurer un passé douloureux.
Ce livre qui démarre de manière optimiste porte en réalité un thème grave qui est celui de l’amour maternel. Myriam est hantée par ça et elle passe son temps à comprendre ce qui lui est arrivé. Bannie par sa famille et par ses amis, elle n’a personne à qui se confier.
C’est un très beau roman qui se déguste avec bonheur, où les talents culinaires de Myriam excitent les papilles gustatives, on arrive même à sentir le parfum de ces aromates qu’elle présente de façon poétique.
C’est un régal d’écriture gorgée d’émotions et de bons sentiments que nous offre Agnès Desarthe.
À dévorer sans modération.
Et pour la petite anecdote, je suis moi même une ancienne restauratrice qui, comme Myriam, n’avait pas assez d’argent pour s’offrir un logement décent et j’ai été obligé de dormir pendant plusieurs mois sur un lit de camp au milieu des chaises et tables et à me laver dans l’évier de la cuisine... Ce passage-là m’a vraiment fait sourire car je me suis trouvé projetée dans le personnage.
Le site d'Agnès Desarthe
L'avis de Barbabella
L'avis de Clarabel
Citation :
« Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire. » André GIDE (1869-1951)
Publié par Florinette
5 novembre 2006
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Éditions Le Dilettante, Août 2006, 122 pages
Un livre à l’ambiance étrange, ponctuée de phrases sibyllines car plus j’avançais dans l’histoire plus je m’enfonçais dans les méandres de la pensée du narrateur en me demandant, mais où veut-il en venir ? car ce narrateur, qui est péagiste sur une autoroute quasiment désaffectée, est le seul en cabine, tout le monde à disparu depuis qu’un cri a envahi la planète, depuis que le tableau d’Edvard Munch portant le même nom a été volé.
Mais lui ne l’entend pas, il continue consciencieusement son travail tout comme certaines personnes rodant aux alentours du péage, dont Daniel un gendarme qui troquera son uniforme contre un habit de crooner, un couple de campeur venu faire une halte sur un bord de verdure avant le franchissement de la barrière, une femme désespérée qui n’arrive pas à faire le choix entre son mari et son amant… Et puis étrangement dans cet univers déconcertant et apocalyptique on commence à y voir plus clair, le narrateur sort de cette vision irréelle où il s’était isolé pour mieux échapper à l’horreur, à la douleur, à cette peine indicible d’homme meurtrie, en révélant au lecteur la véracité des faits.
Edvard Munch - Le Cri -1893
Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car j’ai été séduite sur l’étrangeté du déroulement de l’histoire et le résultat m’a laissé songeuse. Et c’est sûrement le résultat escompté par Laurent Graff.
Citation en exergue :
« Alors si tu croises un enfant qui demande
Où va tout le blanc quand la neige fond ?
Dis-lui que ça fait gonfler les torrents
Que ça fait souffler le vent
Pour emporter plus loin
Trop loin tous les gens. »
Renaud Papillon PARAVEL, Le vent décime.
L'avis de Solenn
Publié par Florinette
1 novembre 2006
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© HANNAH/Opale
Éditions Grasset, Rentrée Littéraire 2006, 207 pages.
Sophie a 9 ans et elle vient de perdre son père. Elle assiste à son enterrement, mais ne se rend pas bien compte qu’elle ne le reverra plus jamais, elle le croit endormi et Max, le gardien du cimetière, n’est autre qu’à ses yeux le gardien du sommeil des gens.
Elle ne veut pas accepter la réalité, n’arrive pas à faire son deuil et son chagrin l’amène à trouver un père de transfert dans le chirurgien qui vient de lui ôter un rein. Mais sa mère, encore jeune et belle, décide de refaire sa vie. Sophie devient alors insupportable avec elle, odieuse avec ce père de substitution qu’elle n’a pas choisi et avec lequel sa mère se marie. On assiste à des déchirements cruels. Elle ne comprend plus sa mère.
Sophie reste attachée à cette tombe et comme chaque année, à la date anniversaire de sa mort, elle s’y rend seule, un bouquet de mimosa à la main. Elle a besoin de parler de raconter ses déboires à ce père absent. Elle souffre de n’être pas comprise par son entourage. Heureusement qu’il y a Max qui est toujours là pour l’accueillir. Le temps aussi c’est arrêté pour lui, il vit dans le souvenir, il lui confie sa peine, son interminable et douloureuse attente pour le retour de Hanna, sa bien aimée qui a été déportée pendant la guerre et qui n’est jamais revenue.
Au fil des ans, c’est une belle amitié qui se tisse entre eux fait de secrets, de lettres votives destinées aux morts, de dialogues surnaturels avec Thérèse de Lisieux. Ces rencontres annuelles leur apprendront à grandir, à accepter la mort pour continuer de vivre. Le cimetière devient pour eux un endroit de paix où les êtres passés et présents peuvent se réconcilier.
Anne Goscinny nous révèle dans ce livre attachant quelques bribes de sa propre histoire. Elle aussi a perdu son père à l’âge de 9 ans et sa mère 17 ans plus tard (voir biographie). On ne peut qu’y penser en parcourant ces pages à l’ambiance solennelle et cocasse.
L'avis de Clarabel
Citation :
« L’absence est le plus grand des maux. » Jean DE LA FONTAINE (1621-1695) Les deux pigeons.
Publié par Florinette
29 octobre 2006
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Éditions Albin Michel, 2002, 180 pages. Dès les premières pages, l'ambiance m'a de suite projetée dans 84, Charing Cross Road de Hélène Hannf, que j'ai beaucoup aimé, puisque ce sont des lettres échangées entre une libraire et un passionné de littérature.
Kay Bartholdi, propriétaire d'une librairie-salon de thé à Fécamp, part à Paris pour prendre livraison des commandes de ses clients et c'est sa vendeuse Nathalie qui garde la boutique pendant son absence. À son retour, elle écrit à Jonathan Shields qui a déposé une liste d'éditions anciennes qu'il aimerait acquérir. Il est américain et amoureux des livres. Petit à petit leur échange professionnel se transforme en une amitié épistolaire plus intime, parfois tendre, d'autres fois plus violente. Ils cherchent à se connaître à travers leur goût littéraire. Jonathan tente de faire parler Kay, car il ressent dans ses mots la souffrance, mais Kay ne parvient pas à se dévoiler, à ouvrir son coeur, elle garde en elle la déchirure d'un amour passé, enfuit, la plongeant dans l'errance de la solitude et de l'attente. Elle a peur de s'attacher à cet homme, cet inconnu qui semble pourtant bien la connaître.
Un coup de coeur pour cette histoire belle et douloureuse. Une correspondance touchante et difficile à lâcher.
Le site officiel de Katherine Pancol
Citation :
« Attendre une heure est long
Si l'amour est en vue
Attendre l'éternité est bref
Si l'amour est au bout. »
Emily DICKINSON (1830-1886), Quatrains
Publié par Florinette